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Quiz de l'été 2015 : Sur les bords de Marne

La Marne et les artistes

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Du Moyen-Âge à nos jours, les artistes ont été inspirés par la rivière et les bords de Marne. La littérature, la peinture, la photographie, le cinéma... proposent une représentation de la Marne à différentes époques et permettent d'observer l'évolution de ses paysages et de ses traditions au cours du temps.

Au Moyen-Âge, des louanges élogieuses étaient tournées vers la Marne, clamant sa beauté et la richesse de sa nature. Les poètes tels qu'Eustache Deschamps eurent comme muse la Marne, ses berges et son environnement qu'ils décrivaient comme enchanteurs. Voici une des strophes d'une ballade qui célèbre le Château de Beauté-sur-Marne, château royal qui prenait place sur le territoire de l'actuel Nogent-sur-Marne :

 

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«Les prés sont près, les jardins déduisables,
Les beaux préauls, fontaine belle et clere,
Vigne aussi et les terres arables ;
Moulins tournans, beaux plains à regarder,
Et les beaux sauvoirs pour les poissons garder
Galatas grands et adroits,
Et la belle tour qui garde les destroits,
Ou l'on peut se retraire à sauveté ;
Par tous les points, le doulz prince courtois
Donna le nom à ce lieu de Beauté. »

Au XVllle siècle, quittant Paris et leurs ateliers à la recherche d'inspiration, les peintres découvrent et représentent les rives de la Marne. Ils y trouvent, selon la formule d'Emile de la Bedolliere, « une rivière charmante, semée d'îles dont la végétation rivalise avec celle des tropiques, bordée de villas riantes et dominée par les coteaux d'où la vue embrasse un immense horizon ».

François Boucher (1703–1770) et Jean-Honoré Fragonard (1732–1806) font partie de ces peintres pionniers et s'inspirèrent notamment du pont de Charenton et ses moulins à eau pour la création de quelques toiles.

Au XIXe siècle, les peintres impressionnistes à l'instar de William Turner (1775-1851), qui peignit entre autres le Confluent de la Seine et de la Marne quittent également leurs ateliers pour puiser leur inspiration dans la nature et les paysages. La Marne fut interprétée par Pissarro (1830 – 1903) qui peint Le bac de La Varenne-Saint-Hilaire et Cézanne (1839 – 1906) avec ses toiles Bords de Marne et Maisons sur les bords de Marne.

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Les écrivains sont également conquis par l'environnement entourant la Marne et vont s'en inspirer pour composer des histoires. En 1860, Alexandre Dumas écrit son roman Le Père La Ruine racontant la vie d'un braconnier pêcheur et d'une lavandière, il offre une description détaillée et poétique de la Marne, notamment de la partie située dans la boucle de Saint-Maur :

« Avant de se jeter dans la Seine à Charenton, la Marne se tord, se contourne, se replie sur elle-même, ainsi qu'un serpent qui se réchauffe au soleil ; elle effleure la rive du fleuve qui doit l'absorber, puis, par un brusque détour, elle s'enfuit à cinq lieues plus loin. Enfin une seconde fois elle s'en rapproche encore pour s'en écarter de nouveau, comme si elle ne se décidait qu'à regret, la chaste naïade, à abandonner ses rives ombreuses et verdoyantes, et à mêler ses eaux d'émeraude au grand égout parisien. »

En 1865, évoquant les coutumes de ses habitants Victor Hugo écrit un poème publié dans Les chansons des rues et des bois lors d'un séjour à Créteil. En voici un extrait :

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 « Sachez qu'hier, de ma lucarne,
J'ai vu, j'ai couvert de clins d'yeux
Une fille qui dans la Marne
Lavait des torchons radieux...»

 

En 1865, Émile de la Bedollière publia également le Tour de Marne qui fut une référence pour la découverte des bords de Marne et de leur culture locale.

Ce guide décrit le parcours d'un canot le long de la Boucle de Saint-Maur puis retour par le tunnel-canal de Joinville.

Les photographies d'Ildefonse Rousset qui illustrent ce livre font partie des plus anciennes de la Marne. Elles sont unique et ce pour chaque exemplaire. Les personnages n'ont ainsi pas les mêmes positions ou attitudes selon l'exemplaire que l'on consulte. Deux exemplaires de cet ouvrage sont disponibles afin d'être consulté en salle de lecture des Archives départementales du Val-de-Marne.

 

À la fin du XIXe siècle, les bords de Marne gagnent leur réputation d'« eldorado du dimanche ». Avec la mise en place de lignes de chemin de fer, les bords de Marne et leurs activités de loisirs se démocratisent et les ouvriers parisiens les fréquentent aux côtés des bonnes familles qui y possèdent des maisons secondaires.Dans son roman Au Bonheur des dames paru en 1883, Émile Zola décrit la venue des Parisiens sur les bords de Marne. Les protagonistes s'évadent pour une journée de détente à Joinville-le-Pont, durant laquelle Zola décrit l'ambiance fringante du restaurant Jullien et les affrontements des canotiers autour de l'île Fanac.

Les artistes, qui profitent également du train pour venir s'aérer à la campagne, peignent à la fois les paysages et les activités traditionnelles du dimanche : pique-nique au bord de l'eau, canotage, bal dans les guinguettes, etc. Tel fut le cas de Ferdinand Gueldry, spécialiste des scènes de canotage et d'aviron, qui peint entre autres la toile ci-contre « Sur la Marne » en 1906.

La presse de la deuxième moitié du XIXe siècle fut caractérisée par la caricature des Parisiens venant profiter des bords de marne. Publiées dans plusieurs titres de presse comme le Journal Amusant, l'Illustration ou le Monde Illustré, ces caricatures soulignaient les différentes catégories sociales présentes sur les bords de Marne : le bourgeois pompeux et hautain, le marinier ou le canotier coureur de jupons, les dames trop bien habillées pour l'occasion d'un pique-nique sur l'herbe et les jeunes amants un peu trop libertins. Les cartes postales de l'époque offrent également des témoignages uniques de l'évolution des bords de Marne. Les plus anciennes montrent des paysages mystérieux et des rives encore sauvages. À travers leurs années d'édition, il est possible d'observer l'évolution des aménagements, des modes vestimentaires ou des comportements des promeneurs.

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Au XXe siècle, de grands photographes et cinéastes immortalisèrent la Marne et ses environs. Willy Ronis, Jacques Faujour, Robert Doisneau et Patrick Bard firent partie des grands noms qui, à l'aide de l'objectif de leur appareil photo, exposèrent des scènes de la vie courante au bord de la Marne. En 1912, Joseph Lewinsky créa sur son terrain le premier studio de prises de vues cinématographiques à Joinville. À compter des années 1920, le terrain accueillit les grands studios « Cinéroman » et « Pathé ». De grands acteurs et réalisateurs tournèrent dans ces studios, ce qui donna le surnom d'«Hollywood-sur-Marne ». La Marne fut aussi le décor de tournage de nombreux cinéastes comme Duvivier pour « La belle équipe » avec Jean Gabin diffusé en 1936, Marcel Carné pour Nogent, Eldorado du dimanche en 1929 et Jean Becker pour « Casque d'or » diffusé en 1952.

 

En 1990, L'École des Bords de Marne fut créée avec l'objectif de réunir les artistes peintres et sculpteurs ayant comme source d'inspiration la Marne et ses environs. Ce regroupement d'artistes fut initié à la suite de la parution du livre de Michel Riousset, Les environs de la Marne et leurs peintres. Ils ont célébré leurs 25 ans d'existence cette année au mois de mai de avec une exposition de près d'une centaine œuvres représentant les beautés cachées et le charme des villes des bords de Marne.

De nos jours, la Marne continue d'inspirer les artistes. Anik Rachez est connue pour ses peintures à l'huile aux pinceaux et couteaux, Alain Petit créé des aquarelles aux douces transparences et Marc Bucheron manie autant les techniques dédiées à l'huile, la gouache, le dessin, la tempera ainsi que l'aquarelle. La Marne reste également la muse de certains écrivains, tel que Jean-Paul Kauffman qui publia en 2013 un ouvrage intitulé Remonter la Marne. Cet ouvrage raconte l'odyssée de l'auteur qui a remonté la Marne à pied depuis sa confluence avec la Seine jusqu'à sa source, offrant une description intéressante des odeurs et des paysages environnant les rives de la rivière. La photo reste aussi un support de choix pour immortaliser la Marne à toutes les saisons. Nathalie Tirot et Gérard Rondeau ont ainsi proposé leur vision de cet espace à la fois naturel et urbanisé lors d'expositions récentes.

Enfin, si les studios de Joinville ont disparu, les bords de Marne restent attachés à cette tradition cinématographique puisque les studios de tournage de Bry-sur-Marne fonctionnent depuis 1987 et ont vu passer les plus grandes équipes de productions (Un long dimanche de fiançailles, Marie-Antoinette, Hunger Games, etc) ainsi que les équipes de télévisions les plus populaires comme le Plus grand cabaret du monde.

 

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