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Quiz de l'été 2015 : Sur les bords de Marne

La Marne festive

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Parmi les spécificités de bords de Marne aujourd'hui comme hier, figure la convivialité et le sens de la fête de ce territoire aux portes de Paris. La première guinguette s'installa sur l'ile Fanac à Joinville-le-Pont en 1860. Grâce à l'accessibilité qu'offrait la ligne de train Paris Bastille, ses premiers clients furent les habitants du quartier populaire et artisanal du Marais.

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Les barrières douanières, existantes depuis Charles VI, infligeaient des taxes élevées sur le commerce du vin aux portes de la capitale, obligeant les restaurateurs à hausser le prix de ce type de produit. Les guinguettes des bords de Marne, situées en dehors du périmètre d'application de ces taxes, offraient des prix très compétitifs sur le vin et attiraient une clientèle festive très importante. C'est toute une culture qui se créa autour de ces cabarets, basée sur les rythmes d'accordéons, les pas de danse enjoués, la nourriture champêtre et les plaisirs festifs. Les guinguettes représentaient une nouvelle distraction pour les ouvriers à la recherche de lieux pour danser et faire la fête. Une gastronomie typique apparut également autour de deux plats cuisinés à base de vin : la matelote, un ragoût de poisson et la gibelotte, un ragoût de lapin.

En dehors des grandes fêtes qui y étaient organisées, les guinguettes abritaient souvent des petits contrebandiers et trafiquants venant jouer aux dominos, aux cartes ou aux dés. Une variété de jeux de sociétés, d'agrès et d'adresse étaient pratiqués dans ces établissements : billards, tir, vélos excentriques, escarpolette... De tous ces loisirs variés, le jeu du tonneau est l'un des plus traditionnels des guinguettes. Aujourd'hui, plus connu sous le nom du jeu de la grenouille, il est constitué d'une machine de bois pouvant prendre une forme ronde ou carrée de la taille d'un tonneau ayant plusieurs ouvertures sur son couvercle. L'objectif des joueurs est de lancer des petits palets de cuivre dans ces ouvertures ayant chacun un certain nombre de points, celui ayant la plus haute valeur est symbolisé par la forme d'une grenouille, le joueur qui arrive à avoir le plus haut pointage mérite alors le titre de gagnant.

 

Les hippodromes de Vincennes installé en 1863 et du Tremblay établi sur la commune de Champigny-sur-Marne en 1906 apportèrent également un grand engouement pour le jeu et le loisir autour de la Marne. Les turfistes et joueurs occasionnels participants aux courses se dirigeaient généralement dans les guinguettes des bords de Marne afin de fêter leur victoire ou oublier leur chagrin. L'hippodrome de Vincennes, surnommé l'hippodrome du plateau de Gravelle, est le premier champ de courses pour trotteurs en région parisienne. Il connut ses premiers succès en 1906 grâce à la création du meeting d'hiver qui avait pour objectif d'augmenter le nombre de réunion au trot. L'épreuve phare du programme, le Grand prix d'Amérique, vit le jour en 1920. Puis les premières courses nocturnes eurent lieu en 1952 à l'initiative de René Ballière. De par la qualité de ses événements et de ses courses prestigieuses, l'hippodrome de Vincennes est aujourd'hui considéré comme le « temple du trot » en France. De nos jours, 153 réunions pour 1 255 courses sont comptabilités chaque année, avec notamment la poursuite du traditionnel meeting d'hiver et des nocturnes.

L'architecture et la diversité des bâtiments l'hippodrome du Tremblay, qui permettaient de réunir de multiples services, firent de lui l'un des lieux les plus complexes et avant-gardistes de son époque. Il avait notamment pour particularité l'existence de plusieurs entrées situées vers le boulevard de Nogent : l'entrée de la pelouse accueillait les personnes de classes modestes, l'entrée de la tribune était réservée aux classes plus aisées et l'entrée des « tribunes et garages » destinée aux professionnels (entraineurs et presse). Ne correspondant plus aux normes de l'époque et perdant de sa modernité d'origine, l'hippodrome du Tremblay vécut un déclin à la fin des années 60. Le complexe fut rasé en 1968 et remplacé par le parc interdépartemental de sports et de loisir en 1976.

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D'autres activités et traditions ludiques avaient également lieu sur l'eau. Tel était le cas avec les joutes nautiques. Celles-ci étaient très populaires, notamment lors des mois d'août de la Belle époque et elles étaient au programme d'une majorité de fêtes sur l'eau. Elles attiraient un public très nombreux, constitué d'habitants de la banlieue et de Parisiens.

FRAD094 02FI 042 00381 web Des cartes postales de l'époque illustrent les performances de joueurs avec des commentaires tels que : « Tiens-toi bien » et « Prends garde à toi ». Ces joutes nautiques s'inspiraient des joutes de chevalerie du Moyen-Âge. Des équipes composées de cinq à six hommes assis dans une barque étaient constituées. L'un d'eux, généralement vêtu de blanc et ceinturé d'une tayole rouge, bleu ou jaune, se munissait d'une longue lance terminée par une boule et s'installait sur une planche fixée à la poupe. Deux barques allaient à la rencontre l'une de l'autre et lorsqu'elles se croisaient chaque lutteur tentait de renverser son adversaire. Un esprit festif accompagnait ces compétitions, les spectateurs trépignaient en encourageant leur équipe et les huées accompagnaient la chute à l'eau.

Dès la fin du XIXe siècle, des manifestations festives furent organisées par des sociétés nautiques sur la Marne. Une des premières fêtes de ce type fut l'En Douce, qui commença dès 1886 et dont la tradition se conserva chaque année jusqu'à sa disparition en 1974. Une thématique particulière était adoptée chaque année : fête 1900, fête des bohémiens, fête de Neptune... Lors de ces fêtes, diverses compétitions amicales étaient programmées, comme des courses en canoë ou des compétitions de natation, se terminant par un banquet et un bal de nuit. Parmi les fêtes les plus connues, on compte également la fête annuelle de la Saint-Cochon organisée par la F.R.I (Fédération des rameurs indépendants) qui se déroulait autour d'un immense buffet ou encore le Marathon de l'Encou créé en 1982 par la Société d'Encouragement du Sport Nautique. Les joyeux canotiers du Second Empire et de la Belle Epoque se chargeaient d'organiser des évènements originaux et atypiques. Les sociétaires s'échangeaient leurs idées sur la conception de la prochaine fête des mois durant. Lorsque la thématique était choisie, les femmes des sociétaires confectionnaient les costumes révélant une grande créativité.
Les sociétés d'aviron, dont les adhérents étaient des sportifs de haut niveau souvent originaires de classes sociales aisées, organisèrent également diverses compétitions sur la Marne. Ces événements basés sur la performance sportive n'avaient pas du tout le même caractère ludique et festif que ceux organisés par les joyeux canotiers. Notons à titre d'exemple la compétition de la « Tête de Rivière », organisée depuis 1933 par le Club Nautique de la Bourse basé à Nogent et célèbre pour son défilé final rassemblant toutes les embarcations qui eut lieu jusque dans les années 1960 sur la Marne.

Les villes prirent plus de temps à investir les bords de Marne lors de leurs événements annuels. À la fin du XIXe siècle, seul Créteil organisait une fête sur le quai de Halage le 1er dimanche de juillet. Joinville fut pionnière au niveau des fêtes nautiques, organisant des courses de natation, des régates et une fête vénitienne. La fête vénitienne devient une tradition des villes riveraines de la Marne jusque dans les années 1930. Elles consistaient à décorer les embarcations à l'aide de fleurs, de guirlandes, de lanternes et de lampions, et à la fin de la journée, le défilé se poursuivait de nuit et la fête se clôturait par des feux d'artifice. Les communes intégrèrent peu à peu les bords de Marne à leurs évènements annuels et créèrent entre autres la fête de la Varenne-Saint-Hilaire, un carnaval au cours duquel on élisait la Reine de la Marne, avec ses demoiselles d'honneur, la course au canard au « Moulin de Mon Tutu » à Saint-Maur et la fête di Viaduc à Nogent-sur-Marne qui avaient lieu le 15 août et durant laquelle des courses d'aviron étaient organisées. Après les années 1930, cette époque festive vécut un déclin important, causé par le début de la Deuxième Guerre mondiale. FRAD094 02FI 042 00525 web

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Après la guerre, les fêtes nautiques évoluèrent : les communes et les sociétés nautiques travaillèrent ensemble afin d'améliorer la qualité et la grandeur de leurs manifestations qui attiraient les Parisiens et les médias. La célèbre Fête du Petit Vin Blanc en est un très bon exemple. Celle-ci renoua avec la tradition à Nogent-sur-Marne à partir de 1954 . Lors de cette fête, une reine était élue, qui était toujours une personnalité issue du monde du spectacle. Puis, les fêtes nautiques vécurent un nouveau déclin dans les années 1960, notamment du fait du coût important de leur organisation.

Aujourd'hui, de nombreuses fêtes ont toujours lieu sur les bords de Marne mais n'attirent plus les foules d'antan. La plupart des villes ont conservé une tradition festive, permise également par le réaménagement des berges en cours depuis les années 2000. De nombreux événements sont notamment organisés l'été, comme la Fête de la Marne en Seine-et-Marne, mais aussi de nombreuses initiatives communales comme Champigny Plage et Boissy Plage.

 



Pour autant, un événement parait emblématique des anciennes fêtes nautiques comme des pratiques contemporaines : le festival de l'Oh ! Créé en 2001 par le Conseil départemental du Val-de-Marne, il propose une riche programmation artistique, culturelle, sportive, au bord de l'eau comme sur l'eau en plaçant la rivière au centre de ses propositions. Cet événement annuel apporte un renouveau d'activités en ralliant à la fois les communes et les sociétés nautiques autour d'un week-end festif. Ces nombreux événements, comme la présence de quelques guinguettes montrent que la convivialité et la fête ont encore de beaux jours devant eux sur les bords de la Marne. festivaloh

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